CHAPITRE 13
Plus d'un mois passa. Le nouvel album se mettait peu à peu en place et l'humeur générale du groupe s'était grandement améliorée. En fait, Bill et Tom agissaient comme des frères et Bill contrôlait ses émotions. Il ne faisait plus semblant et il ne se sentait pas si frustré que ça. Tom restait plus souvent le soir, et quand il sortait en boîte, Bill sortait avec lui. Ils s'amusaient, ils jouaient de la musique, ils faisaient des trucs de potes.
Bill pensait qu'il commençait à s'en remettre.
Bien sûr il avait toujours les souvenirs. Il avait traversé beaucoup de choses avec Tom et il savait qu'il ne pouvait pas juste tout effacer ou oublier. Cependant, il pouvait avancer et faire de son mieux pour faire revenir les choses à ce qu'il pensait qu'elles devaient être.
Après un Noël en famille relaxant dont ils avaient eu bien besoin, Gordon et Simone envoyèrent les jumeaux aux Maldives pour un petit séjour. Bill demanda à avoir sa propre chambre, parce qu'il pensait que c'était ce qu'il fallait faire, et Tom ne s'y opposa pas. Quand ils arrivèrent, ils s'enregistrèrent et laissèrent le groom amener leurs bagages dans les chambres.
"J'arrive pas à croire que Jost sera là dans deux jours," marmonna Tom en enfilant sa guitare sur son dos. Il ne confiait pas sa Gibson au groom. "Comme si on avait besoin d'une babysitter."
"Saki est là aussi," remarqua Bill. Il retira instinctivement une peluche sur le T-shirt de Tom et éloigna rapidement sa main. "C'est bon, ils nous laisseront tranquilles."
"Ils ont intérêt." Tom fit une grimace. "C'est d'eux dont je veux des vacances."
"C'est de toi dont je voulais des vacances," taquina Bill en donnant un petit coup à la jambe de Tom avec sa chaussure. Tom le regarda et plissa les yeux. "Je plaisante."
"Je parie que dans un sens tu plaisantais pas," dit doucement Tom.
Bill soupira. "Allons voir nos chambres."
Il s'éloigna de son frère sans attendre de réponse.
**
"Est-ce que tu vas nager?"
Bill lança un regard en arrière vers leur salon commun pour regarder Tom. "Heu, oui," dit-il en prenant son sac de plage sur son épaule.
"Attends," appela Tom.
"Dépêche," répondit Bill en soupirant. Il croisa les bras et regarda Tom se précipiter dans la chambre de l'autre côté. "Tom, il est déjà si tard."
Tom sortit calmement, portant juste son maillot et des lunettes de soleil. "Ok, je suis prêt."
"Tu ne l'étais pas y'a une seconde."
"Ça me prend pas longtemps." Tom lui lança un regard par-dessus ses lunettes noires et Bill rit.
"Bien."
Ils descendirent à la plage, se poussant contre des murs et des poteaux tout le chemin. Bill était très conscient des nombreuses personnes autour d'eux mais ils étaient venus aux Maldives pour une bonne raison. En Espagne ils étaient plutôt inconnus et il n'y avait pas de risque d'émeute de fans. Aux Maldives, ils pouvaient agir relativement normalement.
Bill trouva un coin tranquille sous un arbre et posa son sac.
"A l'ombre?" demanda Tom en faisant une grimace. "On n'est pas venus aux Maldives pour rester à l'ombre, en plus un peu de soleil ne te ferait pas de mal."
"Je vais brûler," dit Bill. Il s'agenouilla dans le sable et prit une serviette et de la crème dans son sac.
"Est-ce que tu vas te baigner au moins?"
"Bien sûr, mais avant je vais faire une sieste," dit Bill en étalant sa serviette.
"C'est naze," fut la réponse de Tom. "C'est trop un truc de fille."
Bill envoya un petit coup à Tom et s'allongea, une brise chaude soufflant sur lui. "Laisse moi tranquille, Tom. Va te trouver une fille à éclabousser ou j'sais pas."
"J'en ai déjà trouvée une mais tu dors," rétorqua Tom. Il regarda autour de lui et Bill plissa les yeux vers lui, gardant un œil sur son frère. "Y'a beaucoup de familles ici."
"C'est un complexe familial."
"Toi et moi on sort ce soir," dit Tom. "A ce club que j'ai vu en bas de la rue."
"Bien. Mais tu dois me laisser me détendre maintenant," dit Bill clairement. "Et pas de mauvais coups."
Tom soupira fortement et s'éloigna à pas lourds. Bill leva un peu la tête et le regarda partir. Il vit Tom graviter immédiatement vers un groupe de filles bronzées en petits bikinis.
"Connard," marmonna Bill. Il ne put s'empêcher de sourire quand il vit une des filles lancer du sable avec son pied à Tom et s'éloigner en colère. "Je me demande ce qu'il a dit."
Il se réinstalla sur sa serviette et expira. C'était exactement ce dont il avait besoin, des vacances loin de l'Allemagne, des vacances loin de la vie de star, et des vacances loin de quoi qu'il ait pu avoir avec Tom. Aux Maldives, tout ça semblait si loin.
Il pouvait respirer ici. Il ferma les yeux et sentit le sommeil l'envahir comme les vagues envahissaient la plage.
Des rêves se succédèrent rapidement, de petites bribes de concert, de la tournée, de sa mère, de gâteau d'anniversaire. Pieds de micro, filles hurlantes, la camionnette de Gordon, Kasimir.
Et Tom. Souriant, cils longs, lèvres et langue humides…
Bill gémit et ouvrit des yeux qui voyaient trouble. Des yeux identiques le fixaient en retour.
"Ergh," grommela-t-il. "Tom?"
"Ça fait deux heures," dit Tom en s'asseyant à côté de Bill et en essorant ses cheveux.
"Deux heures?" Bill s'assit et regarda aux alentours. C'était une toute nouvelle clientèle sur la plage, Une population plus âgée qui venait une fois que les enfants s'étaient fatigués. Bill réprima un bâillement et se pencha en avant, étirant ses membres. "Qu'est-ce que tu as dit à cette fille?"
"Quelle fille?"
"Avant… qu'elle te balance du sable."
"Mais de quoi est-ce que tu parles?" demanda Tom confus.
"Laisse tomber. J'ai rêvé de toi." Bill tressaillit dès qu'il l'eut dit. "Et de Maman, et Kas, et tout."
Tom regarda Bill et secoua la tête. "Tu rêves jamais."
"Que tu crois," répondit Bill distraitement. "On va nager?"
"J'ai fini de nager."
"Pourquoi est-ce que tu es énervé?"
Tom se leva et un peu de sable tomba de sur lui sur la serviette de Bill. "Je suis pas énervé. A plus tard."
Tom retourna vers l'hôtel et Bill fronça les sourcils, enlevant le sable de sa serviette. Il n'avait plus vraiment envie de nager. Il enfouit ses orteils dans le sable et dit, très doucement, "Bien."
**
Bill se pencha en avant et posa une main sur la cuisse de Tom. "Putain est-ce que tu arrives à y croire?" siffla-t-il par-dessus la musique assourdissante. Le club était bourré de monde, et bien qu'ils aient leur propre zone, séparée du reste de la foule, la musique ne pouvait pas être assourdie.
Tom prit une gorgée de son verre et éloigna la main de Bill. Bill rougit mais comprit.
"On le dira à Jost quand il reviendra," dit Tom.
Bill hocha la tête, essayant de ne pas regarder l'homme qui se trouvait à même pas trois mètres d'eux. Il les fixait depuis une bonne dizaine de minutes et il avait un appareil photo. "C'est juste que je ne veux pas de photos cette fois," marmonna Bill.
"C'est peut-être pas ce que tu penses," murmura Tom. Il semblait calme et se pencha en arrière, posant son verre sur sa cuisse. "Peut-être que c'est…"
"Non," dit Bill. Il se cala dans le fond de son siège et croisa les jambes, retirant ses chaussures avec ses pieds. "Putain il fait chaud là-dedans, comment tu peux porter tout ça?"
Tom haussa les épaules. "J'en reviens pas que tu portes… ça."
"Quoi?"
"Ça." Il fit un geste vers la tenue de Bill qui haussa les épaules.
"On s'en va," incita-t-il Tom en se penchant vers lui. Tom regarda nerveusement autour de lui et s'éloigna, faisant semblant de remettre quelque chose comme il fallait sur la jambe de son pantalon. Bill soupira. "Tom, tout le monde s'en fout. T'es parano."
"Tu ne veux pas de photos," marmonna Tom. "Je ne veux pas de photos. Pigé?"
"Tu penses que tout le monde-" Bill fut coupé parce qu'à ce moment David les rejoignit et s'assit près de Tom.
"Mon instinct de manager me démangeait au bar, qu'est ce qui se passe?" dit Jost en posant deux nouvelles boissons à côté d'eux.
Bill pensa qu'un photographe nous a suivis ici," dit Tom.
"Je sais qu'un photographe nous a suivis ici," rétorqua Bill. "Il est juste là," dit-il en faisant attention de ne pas faire voir qu'il désignait l'homme.
"Bon Dieu," dit Jost en fixant l'homme. "Et tous les deux vous ressemblez à…"
"A quoi?" dit Bill sèchement.
Bill savait de quoi ils avaient l'air. Il portait un T-shirt qui lui couvrait à peine le ventre, un pantalon serré, pas de chaussures et presque pas de maquillage. Ses cheveux étaient longs et lisses. Il ne ressemblait pas au Bill dont la plupart des filles étaient tombées amoureuses.
Il avait l'air…
'D'un putain de gay,' pensa Bill.
Et même si Tom portait ses vêtement habituels, il ne portait pas sa casquette et l'expression de son visage était moins que plaisante.
Un appareil photo émit un flash et Bill grogna. "Je m'en vais."
"Attends Saki," dit Jost sombrement. "Surtout maintenant."
"Je pense que je vais partir aussi," dit Tom en se penchant en avant et en posant son verre sur la table. "Je veux pas que Saki ait à faire deux voyages."
"Vous ne parlez à personne, vous ne regardez personne," leur dit Jost en ayant vraiment l'ait d'un parent. "Vous ne signez rien. Ne vous parlez pas. Regardez les pieds de Saki et suivez le, Pigé?"
"Je ne dois pas lui tenir la main?" demanda Tom ironiquement. Le ventre de Bill se tordit.
"J'ai l'impression qu'il faut déjà que je fasse un contrôle des dégâts et la pellicule est encore dans l'appareil," marmonna Jost. "Allez-y. Ne quittez plus vos chambres ce soir."
"Et s'il y a le feu?" demanda Tom.
Jost lui lança un regard noir. "Bonne nuit."
Bill vit Saki debout pas loin, les bras croisés. Il soupira. "Aller, Tomi."
"Putain, ne m'appelle pas comme ça."
"Bordel, très bien," dit Bill en se détournant de Tom. Il fit signe à Saki qu'ils étaient prêts à partir et ils quittèrent le club en silence. Le photographe tenta de les suivre dehors, mais Saki régla le problème rapidement.
Une fois dehors, quelques pas devant Saki, Bill tira sur une des dreads de Tom.
"Arrête ça, Bill," dit Tom.
"Pourquoi est-ce que tu fais ton connard aujourd'hui? On est sensés être en vacances," dit Bill
"Je fais mon rien du tout,"
"Euh… tu arrêtes pas de me renvoyer chier," dit Bill. "Depuis quand est-ce qu'on se dispute?"
"Je me dispute avec toi depuis le berceau," dit Tom. Bill grogna.
"C'était la chose la plus débile que tu ais jamais dite," dit Bill avec le plus infime des sourire. "Connard."
"Enfoiré," rétorqua Tom. Le ton dur de sa voix s'était adouci.
"Bien, je suis content qu'on ait réglé ça," dit Bill. Ils marchèrent vers l'hôtel dans un silence plus confortable. Une fois à l'intérieur, Saki scannant les couloirs en recherche de groupies hystériques, Bill s'affala sur le canapé dans la pièce commune entre leurs chambres. Tom regardait par la fenêtre. "Sérieusement, t'es fâché contre moi?" demanda Bill après un moment.
"Non," dit Tom. "Désolé, c'est la chaleur."
"La chaleur?"
"Euh… ouais, la chaleur."
"C'est de ta faute," dit Bill en tournant la tête sur le côté et passant sa main le long du tapis. "A porter tout ça."
"T'es trop bête," répondit simplement Tom.
Bill leva les yeux au ciel et fixa le plafond. "Tu veux bosser la musique? J'ai une idée de chanson."
"Bill et Tom ont Besoin de Sexe, remix," dit Tom en attrapant sa guitare.
Bill rit. "Si tu veux tirer un coup, alors va tirer un coup."
Tom grommela un peu et positionna sa guitare sur ses genoux. "Alors quelle est la mélodie?"
Soudain, Bill se sentit timide. Il couvrit son visage de ses mains et commença à chantonner bouche fermée. Tom essaya quelques accords, accordant la mélodie avec la voix de Bill.
"Ou un truc dans le genre," dit doucement Bill.
"Ça parle de quoi?"
"Toi. Moi." Bill osa lever les yeux vers son frère. "Nous, tu sais."
Tom leva les sourcils. "Vraiment."
"Je ne veux même pas l'utiliser ou quoi que ce soit," dit Bill calmement. "Je pense juste que c'est quelque chose qu'on devrait faire."
"On en a déjà fait une," dit Tom.
"Celle-là sera différente," dit Bill. "Sérieuse." Bill se rapprocha de Tom sur le canapé. "Ok?"
"Ok." Tom joua quelques accords et Bill commença à chanter. Tom s'arrêta après le premier couplet et posa sa guitare.
"Qu'est-ce qui va pas, pourquoi tu t'es arrêté?" demanda Bill, se sentant très intimidé. "Tu trouves que c'est bête, hein?"
Tom se leva. "Il fait bien trop chaud pour ça, je vais dans ma chambre où y'a l'air conditionné."
"Mais… il est encore tôt," dit Bill. Tom haussa les épaules et marcha vers sa porte.
"On travaillera sur ça demain."
Bill hocha la tête et plia ses jambes sous lui. "Bonne nuit."
**
"Arrête, tu me rends dingue."
Bill se tendit dans son siège et jeta un coup d'œil à Tom qui mangeait calmement des céréales. Bill arrêta de scruter les horizons. "Ils peuvent être n'importe où."
"Tu n'es jamais aussi nerveux chez nous, c'est qu'une photo," dit Tom d'une voix sourde. "S'ils en prennent une, qu'est-ce qu'on en a à faire. C'est pas comme si nos vacances étaient un secret."
Bill donna un coup de pied à Tom sous la table et se rassit avec une mine renfrognée. "Ils n'ont pas le droit."
Tom essorait ses cheveux de l'eau qu'il avait récupéré en allant nager. Il empila ses dreads sur le haut de sa tête et passa ses mains sur son torse, se calant dans sa chaise. "Calme toi."
"Ces vacances ne sont pas très marrantes," dit doucement Bill.
"Hm," approuva Tom. "Pas pour toi."
"Qu'est ce que tu veux dire?"
"Je sais que tu voulais partir loin de moi, Bill," dit Tom. "C'est nul que Maman et Gordon aient organisé ça pour nous mais comment pouvaient-ils savoir que ce dont on avait le plus besoin c'était de vacances loin l'un de l'autre?"
Bill fronça les sourcils. "C'est pas ça."
"Pas exactement, je sais."
"C'est compliqué." Bill soupira et leva les yeux. Il vit un homme debout près d'un arbre, tout près. "Merde. Merde."
"Laisse le prendre sa photo, on est juste assis là à prendre le petit déjeuner," dit Tom. "Ce n'est pas très excitant."
Bill entendit l'appareil faire un flash et il se leva vite. "Ce n'est même pas pour ça, on peut juste pas faire une pause. Et je ne voulais pas de vacances loin de toi, espèce d'idiot."
"Ok, maintenant tu fais une scène," dit Tom en baissant les yeux vers son petit déjeuner.
"Il n'y a juste aucun intérêt…" Bill descendit le photographe du regard. L'homme était sur le point de prendre un autre cliché quand Saki apparut derrière lui, lui tapant gentiment sur l'épaule. Ils échangèrent quelques mots et l'homme était blanc comme un linge alors que Saki grognait contre lui.
"Voilà, on s'occupe de lui, maintenant rassied toi."
Bill n'avait pas envie de s'asseoir. Il avait envie de courir. Où, il ne savait pas. N'importe où. Soudain, il sentit comme s'il n'était pas à sa place. C'était un sentiment affreux.
"Je me sens pas bien, je rentre," dit Bill.
"Tu vas encore rester enfermé toute la journée?"
Bill ne répondit pas. Il entra dans l'hôtel par une baie vitrée et se précipita vers les ascenseurs. Il avait envie que Tom lui courre après mais savait qu'il ne le ferait pas. Tom se détendait parce que Tom était en vacances. Bill n'était pas en vacances. Il travaillait toujours à plein temps.
Bill appuya sur le bouton et croisa fermement ses bras autour de son ventre. Il était très maigre, plus maigre que d'habitude. Sa mère en avait fait le commentaire à Noël et Bill avait avancé que Tom était encore plus maigre que lui. Bien sûr, personne ne l'avait écouté.
Saki entra à l'intérieur peu de temps après et se tint silencieusement à côté de Bill.
"Est-ce que Tom va bien dehors?" demanda Bill en fixant toujours les boutons de l'ascenseur.
Saki hocha la tête. "Je peux le voir d'ici."
"Ha." Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et Bill regarda Saki. "Je vais directement dans ma chambre."
Il n'attendit pas la réponse de Saki car il ne voulait pas que la réponse soit non.
**
Bill savait que les coups à la porte signifiaient que son calme et sa tranquillité étaient finis. "Entre, ce n'est pas fermé," appela-t-il depuis son lit. Il était blotti dans les couvertures, entouré de bouteilles vides de Coca et de différents trucs à manger, à regarder des films à la demande.
Tom poussa la porte et entra un peu. "Est-ce que t'es occupé?"
Bill leva un sourcil. "Est-ce que j'ai l'air occupé?"
"Je sais pas," répondit Tom en haussant les épaules. Il avait sa guitare sur l'épaule et avait l'air de vouloir quelque chose. "Hum. Est-ce que tu es occupé?"
Bill soupira. Dehors l'orage faisait beaucoup de bruit et les grandes fenêtres tremblaient à cause le la pluie et du vent puissants. Il savait que c'était stupide, mais il se cachait un peu de l'orage. "Non, idiot."
Tom s'approcha du lit et y donna un petit coup de genou. "Tu es…"
"Pathétique?"
Tom haussa de nouveau les épaules. Il enleva la lanière de sa guitare de son cou et la posa avec précaution. "Tu es toi."
Bill rit presque mais s'en empêcha finalement. Il éteignit son film et se redressa, repoussant les couvertures avec ses pieds. "Qu'est-ce qui se passe?"
"Je veux travailler sur cette chanson," dit Tom. "Tu sais, celle que tu m'as montrée avant."
Bill était choqué. D'après la façon dont Tom avait réagi quand il lui avait montré la chanson, il ne pensait pas qu'ils allaient la travailler dans un futur proche. "Vraiment?"
"Euh, ouais," marmonna Tom. Il prit sa guitare et joua un accord. "Bill…"
"Hm?"
"Est-ce que… tu vas bien? T'as l'air un peu au bout du rouleau depuis qu'on est là."
"Oh." Bill était surpris que Tom ait été aussi perceptif, ça ne lui ressemblait pas. Pas du tout. "J'avais juste vraiment envie de vacances."
"Alors on en prend," dit Tom en s'asseyant avec précaution sur le lit avec Bill. "Tu les mérites."
"Toi aussi," répondit Bill en souriant un peu. "Ok, on travaille sur cette chanson. Je pense qu'elle te plaira." Il se pencha vers la table de nuit et attrapa son vieux cahier. Après avoir feuilleté des années d'idées de chansons, il trouva celle qu'il voulait. "Alors… j'ai un peu un air dans ma tête mais tu vas devoir m'aider. Avec les mots aussi."
"Tu es bien plus doué avec les mots," dit rapidement Tom.
"Peu importe. Tu es bien plus doué pour la musique, alors ça sera bien."
"C'est pour quoi?" demanda Tom en posant sa guitare sur ses genoux.
"Je suis pas vraiment sûr," dit lentement Bill. "Pour nous? Je sais pas."
Tom sembla y réfléchir pendant un instant. "Pour nous. Ok." Il regarda le cahier, lisant silencieusement les mots.
"Qu'est ce que tu en penses?" demanda Bill alors que Tom levait les yeux de la page. "Bon? Pas bon? A chier?"
Tom ne répondit pas et commença simplement à jouer calmement, produisant des accords et des notes. Bill l'observa, ayant besoin de savoir ce que pensait Tom, mais trop nerveux pour le pousser. Il était déjà très attaché à la chanson, tout comme il était très attaché à Tom.
Cette pensée lui serra un peu le cœur. Tom s'arrêta de jouer.
"Je peux pas," dit-il.
"On n'est pas obligés d'y travailler maintenant, on pourrait—"
Tom secoua la tête. "Je ne parlais pas de la chanson."
Le cœur de Bill s'écroula. "Qu'est ce que tu veux dire?"
"Je peux pas être ton frère. Tu peux pas être mon frère. On peut pas faire ça. Ce n'est pas une chanson qui parle de frères, Bill." Le visage de Tom était rouge, ses mains agrippaient fermement le manche de sa guitare.
"C'est une chanson qui parle de toi et moi," dit doucement Bill.
"Et tu veux juste… putain la sortir au public?"
"Non," dit Bill. "Je sais pas ce que je veux en faire. Je veux juste la faire."
"Bien." Les mains de Tom se détendirent et il regarda l'orage par la fenêtre, grattant les mêmes accords sans faire attention.
"On n'est pas obligés, je suis sérieux," dit Bill. "Ne fais pas semblant, c'est ce qu'il y a de pire."
"Je ne fais pas semblant," dit Tom sèchement.
"Ok." Bill posa le cahier et se mordit la lèvre. "Qu'est-ce que qui ne va pas avec la chanson, selon toi?"
"La même chose qui ne va pas entre nous."
Bill fut déconcerté par cette déclaration. "Oh."
"Tu sais que c'est vrai," dit Tom en grattant toujours les cordes de la guitare
Bill soupira. "Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas entre nous, quelle partie te dérange?"
"Tout," dit Tom sans regarder Bill. "Que je te veuille et que tu ne me laisses pas t'avoir, que tu ne me fasses pas confiance, qu'on ait détruit notre relation… Qu'on ait cette relation, même. Est-ce que tu ne t'es jamais arrêté pour penser à combien c'était dingue?"
"Bien sûr que si," dit Bill. "Tu es mon frère. Ça n'a juste jamais vraiment eu d'importance."
"Et bien ça devrait." La voix de Tom était devenue froide, sombre.
Bill fronça des sourcils. "Je ne me sens pas mal de ce qu'on a fait. Ou honteux. Ou quoi que ce soit. C'est juste… ce qu'on faisait.'
"Ce qu'on fait ," dit Tom. "Et si quelqu'un le savait? Et s'ils entendaient cette chanson? Ils sauraient. Je peux pas…"
"Qu'est-ce que tu veux y faire?" demanda Bill. Son cœur battait rapidement, ses mains étaient moites. "Quoi?"
"Je ne peux pas m'éloigner de toi."
"Tu es venu à moi," dit Bill de façon défensive.
"Ça ne change rien. Putain je peux pas m'éloigner de toi et je déteste vraiment, vraiment ça. Je déteste tellement ça, Bill," dit Tom l'air de plus en plus tendu.
"Je sais pas ce que tu veux que j'y fasse," dit Bill en se sentant extrêmement frustré. "Arrête de me gueuler dessus et dis moi ce que tu veux faire. Putain j'en ai trop marre de toute cette merde. C'est que de la merde, tout ce qui est jamais venu de toi. Bien sûr que je ne peux pas te faire confiance. Tu ne m'as donné aucune raison de le faire."
"De la merde," répéta Tom dans un marmonnement. "C'est vraiment sympa."
"Tu t'es foutu tout seul dans cette merde," répondit Bill avec colère. "Alors fais moi une suggestion. Tu ne peux pas juste me plaquer et ne plus jamais me revoir, malheureusement."
Tom ouvrit la bouche puis fit une pause. Ensuite il fronça les sourcils et haussa les épaules. "Ouais, dommage."
Bill se sentit immédiatement blessé. Il voulait blesser Tom en retour. "C'est toi qui as fait que ce truc continue. J'étais prêt à arrêter, mais en Espagne tu ne voulais pas laisser tomber, putain," dit Bill en lançant un regard noir à Tom. "Tu as essayé de tenir ma putain de main, n'importe quoi pour finir dans mon lit. Et maintenant tu me mets tout sur le dos. C'est dégueulasse."
"Ouais," dit Tom en haussant les épaules. "C'est dégueulasse."
Bill ne s'attendait pas à ce que Tom approuve cela, parce qu'il ne le pensait pas quand il l'avait dit. Ce que lui et Tom faisait était beau.
Mais Bill ne pouvait plus se rétracter maintenant.
"Plus jamais," fut tout ce que dit Bill.
Tom ricana. "Ouais, tu as déjà dit ça avant. Tu ne peux pas t'éloigner non plus."
"C'est un mensonge," répondit sèchement Bill. "C'est toujours toi, qui reviens en rampant." Bill sauta du lit, soudain incapable de rester près de Tom. "Tu as plus besoin de moi que je n'ai besoin de toi."
"Va te faire foutre," dit Tom d'une voix forte. "C'est qu'un paquet de connerie. C'est toi qui as essayé de faire de ça plus que ça n'a jamais été."
Bill s'en décrocha la mâchoire. "Quoi?"
"Ouais."
"Tu es sérieux?" Bill commençait à trembler, chaque émotion en lui était exacerbée. Chaque émotion qu'il ait jamais eue, chaque sentiment qu'il ait jamais ressenti, ils atteignaient tous leur paroxysme. "Non, je peux pas croire que tu sois sérieux. Je ne le croirai pas."
"C'était sensé être-"
"Ce n'était pas sensé être."
"Putain, laisse moi finir," dit Tom, ses yeux envoyant de dangereux éclairs. "C'était sensé être pour découvrir. Pour essayer des trucs. Ce n'est pas de ma faute si tu as développé une espèce de – je sais pas – chose."
Bill rit fortement, reculant jusqu'à ce qu'il se tape dans une chaise. "Je voudrais pouvoir te détester, parce que-"
"Quoi?"
"Je vois que tu as l'autorisation de m'interrompre, c'est typique," dit Bill. "Tu décides de tout."
"Si je décidais de tout, on serait en train de baiser, pas de se disputer," grogna Tom. Il sauta du lit et avança sur Bill.
"Eloigne toi de moi," dis Bill. Tom se tint juste devant lui, et bien que Bill soit plus grand que lui, il avait l'impression que Tom le surplombait.
"Tu ne me détestes pas," dit Tom.
"Non," répondit Bill en levant une main et en repoussant Tom. "Je suis amoureux de toi, putain."
Tom agrippa la main de Bill, la serrant si fort que Bill grimaça. "Tais toi," dit Tom.
"Est-ce qu'on est plus ou moins dans la merde si je t'aime?" demanda Bill. Il sentait des larmes lui piquer les yeux. "Parce que c'est pour ça que je te laisse…" Bill rougit. "Être en moi."
"Tu ne me laisses pas être en toi," dit Tom. Il lâcha la main de Bill et recula.
"Tu ne me laisses pas te laisser le faire," dit Bill, confus et laissant échapper une larme chaude. "Tu ne veux rien de ce que je veux, tu n'en as même rien à foutre de moi. C'est comme ça, tu sais? Tu penses que tu y accordes de l'importance mais c'est faux parce que si c'était le cas…"
"Je t'écoute."
Bill secoua simplement la tête et enfonça les talons de ses mains sur ses yeux. Il n'était plus fâché, il était extrêmement démoralisé. Il savait que c'était fini, quoi qu'ils aient eu. Terminé. Cela s'était arrêté dans cette chambre d'hôtel sombre et ils ne seraient plus jamais les mêmes.
"C'est comme ça," répéta Bill. "Et c'est tout."
"Contre attaque," dit Tom à travers ses dents. "Tu ne peux pas abandonner à chaque fois. Putain je déteste ça."
"Alors frappe moi ou j'sais pas." Bill croisa les bras et baissa les yeux, les larmes coulant silencieusement. "Je sais que tu en as envie."
"J'en ai pas envie, bon Dieu. Comment est-ce que tu peux dire ça? Tu ne sais même pas qui je suis," Tom criait presque.
Bill leva des yeux écarquillés. "Ouais, je pense que tu as raison. Je ne sais pas ."
"Pourquoi est-ce que tu fais ça?" A présent Tom criait.
Bill tressaillit. "Fais quoi?"
"Putain, pourquoi est-ce que tu dis les choses que tu dis? As-tu la moindre idée de combien c'est horrible à entendre?" Tom recula d'un pas et frappa le haut de la chaise. "Tu dis les pires choses, putain."
"Je t'aime."
"Ça," hurla Tom. Il ne regardait même pas Bill, mais Bill pouvait voir à quel point ses yeux étaient sombres et remplis de colère. "Putain c'est horrible."
"Pourquoi est-ce que c'est aussi horrible, bordel?" demanda Bill, levant la voix pour presque égaler celle de Tom. "Ouais, j'ai pigé. Tu penses que c'est dégueu. Mais ce n'ai pas toi qui ressens ça. C'est mon problème."
"Non, ça l'est pas," répondit Tom énervé.
"En quoi c'est le tien? Putain t'en as rien à foutre," dit Bill, les larmes commençant à rouler sur ses joues.
"Il y a deux minutes, tu me disais que je pouvais pas te lâcher, que j'entretenais tout ça. Pourquoi je ferais ça si j'en avais rien à foutre?" demanda Tom, sa voix s'élevant à nouveau.
"Ouais, tu penses avec ta queue," dit Bill en étouffant un petit sanglot. "Ça ne veux pas dire que t'en as quelque chose à foutre."
"Bon Dieu! Je suis pas un putain d'animal qui essaie de te sauter tout le temps."
"Je sais," dit Bill. "Tu essayes de sauter quelques groupies aussi."
Tom leva les yeux au ciel et donna un coup de pied au lit. "C'est juste super, Bill"
"J'en reviens toujours pas que tu ais couché avec elle, cette Ann-Kathrin," se retrouva à dire Bill, surpris que toute cette situation le blesse encore autant. "Tu ne m'as pas soutenu et tu l'as baisée! Et tu savais ce que je ressentais!"
"Ce dont je ne reviens pas, c'est que tu me rabâches encore ça," dit Tom entre ses dents. "C'était une erreur, mais je peux baiser qui je veux, Bill. Et tu sais quoi, je le fais pas. J'essaye tellement de ne pas te faire de peine."
Cet aveu fit encore plus de mal à Bill. "Si tu veux baiser des filles, baise des filles, Tom. Ne te retiens pas parce que ça me fera de la peine. Je ne suis pas un bébé."
Tom se détourna de Bill, sa tête se baissa. "Je n'en ai pas envie. Enfin, si, un peu, mais…"
"Je ne t'entends pas," dit Bill.
Tom se retourna brusquement. "Ça me rend dingue, j'y arrive pas," dit-il.
"Je comprends pas."
Tom avança de deux pas, les yeux sur Bill tout ce temps là. "Je ne peux baiser personne d'autre que toi. Putain tu m'as bousillé."
Les mains de Bill crevaient d'envie d'aller en coller une à Tom. "Tu t'es bousillé tout seul," cracha Bill.
"Non, c'est toi," dit Tom. Sa voix était plus douce à présent. "Tout toi. Tes cheveux, tes vêtements, ton putain de tatouage, ta voix, ta peau…" il se rapprocha. "Ton odeur."
Bill frissonna un peu, la rage se calmant momentanément à l'intérieur de lui.
"Et ça m'a bousillé lentement depuis le départ, mais au début je pouvais l'ignorer," continua Tom. "Au début je pouvais juste faire comme si ce n'était pas vrai, continuer à faire ce que je faisais. Ensuite je le faisais juste pour prouver que je le pouvais, même pas parce que j'en avais envie. J'en avais besoin. Ça ne pouvait pas être vrai. Ça pouvait pas, Bill. Putain c'était si mal. Tu ne comprends pas?"
Bill secoua la tête. "Qu'est ce qui ne pouvait pas être vrai?"
Tom attrapa Bill par les épaules, l'agrippant si fort que Bill gémit. "Que je sois amoureux de toi, putain."
"Non."
Tom fixa Bill, toujours une trace de colère dans les yeux.
"Tu ne – n'es-" chuchota Bill, tremblant sous les mains de Tom. Il sentit les doigts de Tom se détendre et il s'écroula presque au sol. "Quoi?"
"J'ai dit que je suis amoureux de toi," répéta Tom, beaucoup plus doucement. "Et c'est comme ça. C'est tout."
Bill resta bouche bée devant son frère. Il n'arrivait pas à parler. Pour une fois, Tom était celui qui était bien plus doué avec les mots.
"C'est vrai?" murmura Bill, répétant les mots encore et encore dans sa tête. "Alors ça voudrait dire…"
Tom hocha la tête, son visage s'adoucissant. Ses yeux étaient toujours intenses, mais ils étaient concentrés directement sur Bill maintenant. Bill se sentait étourdi. La pièce avait commencé à tourner et tout allait trop vite pour lui.
"Alors ça voudrait dire," répéta Bill en s'étouffant presque sur les mots, "que-"
Tom posa un doigt sur les lèvres de Bill et secoua gentiment la tête. "Ce n'est pas obligé de vouloir dire quoi que ce soit. C'est juste comme ça."
"Ça veut dire énormément," chuchota Bill. "Ça vaut tout l'or du monde pour moi." Il embrassa les doigts de Tom.
"Mais je peux pas… on peut pas…" Les doigts de Tom suivirent le menton de Bill jusqu'à son cou.
"Qu'est ce qu'on ne peut pas faire?" demanda Bill.
"Tu es mon frère." Tom enroula son autre bras autour de Bill, écrasant soudainement leurs corps ensemble, étreignant Bill si fort qu'il gémit de douleur. "Oh bon Dieu, je déteste ça." La voix de Tom s'érailla et il trembla contre Bill.
Bill l'étreignit aussi, serrant Tom dans ses bras et tremblant avec lui. "Je sais, je sais," murmura Bill dans l'oreille de Tom. "Je suis tellement désolé pour tout ça."
"Moi aussi, moi aussi," dit Tom. Bill sentit des larmes chaudes dans son cou et sut que Tom pleurait. Il tourna la tête et embrassa le cou de Tom, le sentant frissonner de tout son corps.
Bill était à la fois soulagé et attristé par l'aveu de Tom. Son cœur bondissait de joie à l'idée que Tom ressentait la même chose, son âme s'envolait. Mais il était aussi très triste. Tom allait devoir gérer le genre de prise de conscience douloureuse qu'avait expérimenté Bill durant tous ces mois.
"Ne pleure pas," dit Bill à son frère. "On est ensemble là-dedans et je ne suis pas en colère contre toi."
"J'ai si peur que tu me laisses tomber un jour," admit Tom en passant rapidement son bras sur son visage et en prenant une grande inspiration. "Que tu arrêtes ou j'sais pas."
"J'ai eu peur de ça pendant des années," lui dit Bill en l'embrassant dans le cou. "Et ce n'est pas arrivé. Tom, c'est nul, je t'aime."
Tom hocha la tête et colla ses lèvres à celles de Bill, l'embrassant longtemps et fermement. Bill lécha le long de la bouche de Tom, goûtant le sel de larmes dont il n'était pas sûr qu'elles soient les siennes. "C'est ce qu'il y a de pire," marmonna Tom contre les lèvre de Bill.
Bill haleta et essaya de s'enrouler entièrement autour de Tom, mais leur position était délicate. Il éloigna ses lèvres et enfouit son visage dans l'épaule de Tom, essuyant ces yeux là. Tom fit courir ses mains le long du dos de Bill et y appuya ses jointures.
"Ça pourrait être pire," dit Bill.
"Comment?"
"Je pourrais ne pas t'aimer en retour," dit Bill. Tom resserra son étreinte sur Bill. "Mais je t'aime."
"Tu m'aimes," dit Tom.
"Oui." Ils s'embrassèrent, la tension s'évacuant d'eux, et à ce moment, Bill commença à se sentit mieux, commença même à se sentir presque à l'aise avec la situation. "Tom…"
"Ça ne sera que toi à partir de maintenant," dit doucement Tom à l'oreille de Bill. "Que toi. Est-ce que tu me fais confiance?"
Bill ouvrit les yeux et les cligna contre le cou chaud de Tom. "Oui," dit-il simplement, et c'était vrai. Il savait que Tom était sérieux. "Moi aussi. Cependant ça a toujours été le cas pour moi."
"Je sais."
Ils s'embrassèrent encore et Bill gémit, essayant de les diriger vers le lit. Il voulait Tom partout sur lui, il voulait sentir son poids, les battements de son cœur et sa respiration. Tom était trop occupé à embrasser Bill semblait-il, ils ne bougeaient pas.
"Tomi," haleta Bill.
"Non," dit Tom en souriant. "Pas devant qui que ce soit d'autre en tout cas."
Bill ne put s'empêcher de sourire à travers ses larmes. "Je veux aller m'allonger."
Tom embrassa encore Bill, enfonçant profondément sa langue dans sa bouche. "Ah oui?" demanda-t-il en entrouvrant leurs lèvres. "Tu veux aller t'allonger? Et ?"
Bill sourit et embrassa la mâchoire de Tom. "Qu'est ce que tu crois?"
Tom lui renvoya son sourire. "Faire une sieste?" ils s'embrassèrent encore, un baiser si lent et si chaud que les entrailles de Bill frissonnèrent.
"Non," dit Bill, leurs bouches se rencontrant encore et encore. Les mains de Tom glissèrent le long du dos de Bill jusqu'à la ceinture de son pantalon. "Tu chauffes," murmura Bill. Les mains de Tom passèrent sous le pantalon de Bill et il agrippa ses fesses à travers son boxer. "Encore plus chaud."
"Oh, je vois." Tom attira Bill à lui, leurs ventres et leurs hanches se pressant les uns contres les autres. "Vilain Bill."
Bill rougit. "S'il te plait, déshabille moi… mets moi sur ce lit… et…"
Tom écrasa ses hanches contre Bill. "Et je te prends?"
Bill gémit, déjà dur et fébrile. "Oui, putain… J'en ai même rien à foutre si on doit utiliser une capote."
"Pas moi." Tom guida Bill vers le lit et l'allongea gentiment. "On n'en utilisera pas. Plus jamais. Je vais la mettre en toi, juste moi."
"La mettre en moi," répéta Bill, haletant alors que Tom se pressait de nouveau contre lui. "Putain, ça fait trop longtemps. Pourquoi tout d'un coup?"
"Je n'ai rien," dit doucement Tom. "Je l'ai su quand on est allés à nos rendez-vous chez le docteur le mois dernier."
Bill eut un large sourire et embrassa Tom si fort qu'il gémirent tous les deux de douleur. "Ça n'aurait rien changé pour moi, Tomi."
"Je sais," chuchota Tom. Il tira le T-shirt de Bill par-dessus sa tête avec hâte et descendit pour lécher un téton. Bill remuait délicieusement sous lui, courbant le dos et levant les hanches du matelas, contre Tom. Tom le mordilla légèrement et Bill cria. Il agrippa les épaules de Tom et essaya de le faire remonter. Il avait besoin des lèvres de Tom contre les siennes.
Tom remonta en léchant le torse de Bill, son cou, son menton puis ses lèvres. Bill émit de petits bruits d'appréciation, complètement alangui sous Tom. Il voulait que tout lui soit fait, en fait il ne savait pas s'il serait capable de faire quoi que ce soit correctement.
"Tomi, Tomi," soupira Bill, en tirant sur le tissu superflu du T-shirt de Tom. "Enlève le, enlève tout."
"Toi d'abord," dit Tom, les yeux brillants. "Je veux te regarder."
"Tu aimes me regarder?"
"Tu es ce que j'ai vu de plus sexy, Bill, je ne pense pas que tu aies besoin de demander," dit Tom en prenant une teinte cramoisie. Bill se mordit la lèvre et attaqua son pantalon. "Oui, au passage."
"Bien." Bill poussa son pantalon et son boxer sur ses cuisses, levant ses hanches pour que ça soit vraiment évident pour Tom.
"Mon Dieu," souffla Tom en se penchant en avant pour aider Bill à retirer son pantalon. Une fois que Bill fut nu, Tom le rallongea contre le lit, assis au-dessus de lui et le regardant juste. "J'en ai tellement envie." Il colla ses mains chaudes contre les cuisses de Bill, les faisant courir sur la peau douce jusqu'à ses hanches. Le sexe de Bill se durcit encore plus à ce contact.
"Touche moi, Tom," dit Bill en se cambrant vers le haut.
Tom secoua la tête. "Pas ici, pas encore."
"Pourquoi?"
"Parce que t'exciter est la meilleure partie." Tom sourit et caressa le ventre de Bill.
"Non," souffla Bill en ouvrant les cuisses. "La meilleure partie, c'est quand tu t'enfonces à l'intérieur de moi."
Tom gémit en entendant Bill dire ces mots. "Tu as raison." Il s'écarta de Bill et retira rapidement son T-shirt. "Aide moi."
Bill se redressa et tira sur la ceinture de Tom, désireux d'enlever le pantalon de son frère. Une fois qu'il eut envoyé la ceinture au sol, il approcha son visage, frottant son nez contre le bas-ventre de Tom. Il pouvait sentir la chaleur et le gonflement sous le tissu en jean. "Est-ce que c'est pour moi?" Il embrassa l'érection toujours recouverte de Tom.
Tom émit un bruit sifflant, sa main trouvant la tête de Bill. "Oui."
Bill sourit et appuya sa joue contre l'excitation de Tom. "Sors là, Tom. Mets là dans ma bouche."
Tom semblait sur le point de faire une crise cardiaque. "Putain. Oui." Les mains tremblantes, il défit son pantalon, le poussant maladroitement sur ses cuisses alors qu'il s'agenouillait devant Bill. Bill l'embrassa à travers son boxer.
"Ça aussi." Tom le descendit, son sexe s'érigeant. Il était très dur et déjà humide au bout. Bill embrassa la hanche de Tom puis baissa la tête et aspira juste le bout dans sa bouche.
"Oh, merde," gémit Tom. Bill s'écarta.
"Mets la dans ma bouche."
"Je…" Tom semblait chercher ses mots. "Putain, Bill, ok."
"Hmm, tu es frustré, c'est pas grave," dit Bill. Il sortit sa langue, son piercing parcourant le gland de Tom. "Laisse moi t'aider."
Les yeux de Tom étaient presque entièrement noirs quand il se prit en main et colla son sexe contre les lèvres de Bill. "Comme ça?"
Bill sourit et ouvrit la bouche, laissant Tom s'enfoncer à l'intérieur. Bill aspira profondément, creusant ses joues contre le pénis de Tom. Bill se rappela la première fois qu'il avait fait ça, combien il était terrifié. Tout lui revint en mémoire alors qu'il suçait plus fort. La première fois qu'il avait fait ça, c'était il y a si longtemps, mais il se souvenait de l'expression du visage de Tom et tout le pouvoir qu'il avait ressenti cette nuit là.
"Tu es si doué," réussit à dire Tom en baissant les yeux pour regarder Bill. "Putain tu es si doué." Il mit une main sur la tête de Bill et le caressa gentiment avec son pouce. Bill frissonna de tout son corps et s'oublia presque, la caresse était si tendre et juste pour lui. Il leva les yeux et les fixa dans ceux de Tom.
Bill émit un son dans le fond de sa gorge puis se recula, suçant puissamment et tirant presque Tom avec lui. Les hanches de Tom partirent en avant et Bill hoqueta. "Putain," dit-il autour du sexe de Tom.
"Désolé," marmonna Tom en rebaissant la tête. Bill goûta un peu du liquide venant du pénis de Tom et l'avala prestement. C'était chaud et plein dans sa bouche et alors qu'il pensait à comment ça serait à l'intérieur de lui, il frissonna.
Bill se recula, suçant Tom jusqu'au dernier moment puis il le lâcha. Il attrapa les hanches de Tom à deux mains et se redressa, alignant son corps avec le sien. Leurs sexes se rencontrèrent et se mélangèrent. Tom lécha les lèvres de Bill.
"Je la sucerai plus si tu veux," dit doucement Bill. "Toute la nuit, vraiment."
Tom gémit. "Une nuit je te prendrai au mot mais là j'ai quelque chose en tête en quelque sorte."
"Vraiment." Bill fit un bruit de ronronnement qui les surprit tous les deux. Ils rirent nerveusement.
"Oui, vraiment. Je pense que ça te plaira," dit Tom calmement.
"Je me mets sur le dos?"
"Hmm… non. Sur le ventre, oui."
Bill plissa les yeux vers Tom alors qu'il s'allongeait sur le matelas, gémissant doucement quand son sexe entra en contact avec.
"Détends toi," dit Tom, et Bill put sentir sa chaleur quand il se pencha au-dessus de ses cuisses.
"Qu'est-ce… que tu vas faire?" demanda Bill, incapable d'empêcher ses hanches de se frotter un peu contre le matelas. Il se sentait prêt à exploser. "Tom?"
Les mains de Tom retracèrent ses fesses légèrement. "Je parie que tu peux deviner," dit Tom. Bill pouvait sentir le souffle de Tom dans le bas de son dos. Puis les doigts de Tom se glissèrent entre ses fesses, les écartant.
"Oh… merde," siffla Bill, se rendant exactement compte de se qui l'attendait juste un instant avant que ça ne se produise.
La langue de Tom descendit entre ses fesses puis sur son entrée. Bill agrippa les draps, essayant de rester immobile. Ça chatouillait et lui donnait envie de plus.
Tom fit un petit bruit d'appréciation dans l'arrière de sa gorge puis sa langue lécha légèrement l'endroit le plus privé de Bill. Les coups de langues étaient tout d'abord hésitants, mais ils furent bientôt joints par les lèvres puis se transformèrent en baisers passionnés.
Bill gémit, se tortillant contre le lit alors que Tom l'embrassait à cet endroit. "Oh, Tom, Tom ."
La langue de Tom se raidit et appuya contre l'entrée de Bill.
"Oui, en moi," soupira Bill.
"Hmm," fit Tom juste avant de mettre sa langue profondément à l'intérieur de Bill. Bill aspira de l'air entre ses dents et appuya son front contre le matelas, incapable de contrôler quoi que ce soit. Il ne savait pas quoi faire, quoi agripper, où mettre ses pieds. Ses orteils se courbèrent et se plièrent douloureusement, puis la main de Tom lui caressa la hanche.
"Merde," proféra Bill. "Oh, merde… Oh merde."
"Bon?" marmonna Tom derrière lui. Les mots chatouillaient Bill.
"Ne t'arrête pas, han," souffla Bill. Il serra une poignée de draps et cligna fort des yeux. Il voulait se tourner et regarder Tom, il voulait voir ce que faisait Tom exactement. "Putain, je veux te voir."
"La vue est incroyable."
Bill soupira fort et remua, poussant ses fesses contre le visage de Tom. Son nez appuyait directement entre ses fesses et Bill sentait son souffle rapide et chaud.
"Oh, ta langue est si chaude," gémit Bill. "Tom, tu me brûles."
Tom entrait et sortait sa langue de Bill encore et encore. Bill pressa son sexe contre le matelas, obligeant Tom à suivre son mouvement. Il allait jouir comme ça, et bientôt. La chaleur s'intensifia dans son ventre, les flammes de plus en plus brûlantes.
Il sentait la salive de Tom couler entre ses jambes, et il savait qu'il était probablement en train de mouiller les draps lui aussi. Il ferma les yeux, sentant la langue de Tom s'enfoncer en lui et donner un petit coup.
"Putain, putain, je vais jouir, Tom… Bon Dieu!" Bill enfonça sa tête dans l'oreiller, ses cuisses se contractant, son ventre se tordant à cause d'un plaisir insupportable, et son sexe prêt à exploser. "Prends moi, s'il te plait!"
Tom grogna contre sa peau et sans avertissement, glissa un doigt à l'intérieur de Bill avec sa langue. Le doigt s'enfonça loin et se plia.
Ça y était. Bill se mordit les lèvres et donna un coup de hanches en avant, jouissant sur les couvertures et les draps, étalant sa semence sur ses cuisses et son ventre.
Tom grogna, écarta son visage et retira son doigt. Il attrapa les fesses de Bill, les serrant et massant la peau alors que Bill reprenait son souffle et tremblait devant lui.
"Ça va?" demanda doucement Tom.
Bill regarda par-dessus son épaule, se tenant sur ses coudes. Il vit Tom qui le regardait avec envie et il se rappela simplement : Tom était amoureux de lui. "Oh, putain…"
"Bill?"
Bill se leva et rampa vers Tom, s'installant sur ses genoux. Il l'embrassa avec force et frotta son nez contre sa joue. Tom était rouge et transpirait un peu. Bill lui lécha la peau. Il gigotait sur les genoux de Tom, un enchevêtrement de bras et de jambes.
"Voilà, je t'ai léché le cul," dit Tom très doucement. "Content?"
"Hmm," dit Bill. "Ça allait."
Tom lui lança un regard noir et Bill lui donna un coup dans l'épaule. "C'était incroyable. Maintenant baise moi."
"Ah," grogna Tom en fermant les yeux. "Tu ne peux pas juste dire des choses comme ça."
"Je suis sérieux."
"Tu es obscène," dit Tom en levant les yeux au ciel. "J'aime ça."
Bill couina quand Tom l'allongea devant lui. "Comment est-ce que tu me veux?" chuchota Bill.
"Mets toi sur le dos," dit Tom et Bill sourit, faisant ce que lui demandait Tom.
"Je préfère comme ça," dit Bill en autorisant Tom à lui monter dessus. "Parce qu'on peut…" Il se cambra et connecta ses lèvres avec celles de Tom. Tom l'embrassa si fort qu'il lui appuyait la tête contre le matelas, son excitation était plus qu'évidente alors qu'il se pressait contre Bill, écrasant son sexe contre lui.
Quand Tom s'écarta, il mordilla la lèvre de Bill, descendit le long de sa mâchoire vers son oreille. "Est-ce que tu sens ton goût?"
"Oui," dit Bill.
"Je le referai, quand j'aurai fini," dit Tom malicieusement. "Je te nettoierai entièrement."
Le sexe de Bill palpita, recommençant déjà à se réveiller et à durcir. "Maintenant…"
"Maintenant quoi?" le taquina Tom.
"Mets la en moi, Tomi."
Ils se fixèrent du regard et Bill fit un sourire timide. Tom fit courir une main sur la mâchoire de Bill et la caressa avec son pouce, un geste si tendre que Bill se sentit fondre sur place.
"Ok, en toi," dit Tom en laissant sa main sur le visage de Bill. Le tonnerre éclata dehors et ils sursautèrent. "Putain."
"Ouais," murmura Bill. "J'en reviens pas que tu vas…"
Tom sourit et fit courir sa langue sur son piercing à la lèvre. "Où est la lotion? Ou quoi que ce soit qu'on utilise en ce moment."
"Il y en a dans mon sac, juste là," dit Bill en le désignant du doigt. Tom tendit le bras par-dessus de lit et fouilla un moment. Bill l'observa alors qu'il sortait finalement une petite bouteille de son sac. "Oui, voilà."
"Ce n'est pas du lubrifiant," dit Tom en fronçant les sourcils.
"Non," répondit Bill. "Juste de la lotion."
Ils savaient tous les deux ce que ça voulait dire, le symbole. Un ancien commencement et maintenant un nouveau commencement. Tom en versa dans sa main et Bill regarda le sexe de son frère alors qu'il le recouvrait.
"Mon Dieu," dit doucement Bill.
"Ça fait des mois," dit Tom en tressaillant à son propre contact. "Putain… J'ai attendu ça, Bill."
"Vraiment?"
Tom hocha la tête et enfonça brusquement deux doigts humides en lui. Bill poussa un fort gémissement, adorant cette brûlure. "J'ai eu tellement de pensées inappropriées sur toi, tu n'as aucune idée," dit Tom en bougeant ses doigts, détendant Bill. "Peu importe la force avec laquelle je me branlais, peu importe combien mon imagination était bonne, rien n'a jamais été aussi bon que de te baiser. Rien. Et ce n'est pas seulement parce que tu es étroit, même si tu l'es."
Bill était sur un petit nuage. Tom le caressait si bien et lui disait de si délicieuses obscénités.
"C'est parce que tu es Bill, c'est pour ça que c'est si bon," finit Tom. Il sortit ses doigts avec un pop humide. "Tu la veux maintenant?"
"Oui," haleta Bill.
Tom se tenait sur ses bras, bougeant entre les jambes de Bill. "Tu veux que je te baise? Tu veux que ton frère te baise?"
"Personne d'autre," dit Bill sérieusement.
Tom tressaillit alors qu'il cognait les fesses se Bill de son sexe. "J'espère que tu le penses."
"Je l'ai toujours pensé," répondit Bill, puis il gémit doucement alors que Tom lui écartait les fesses et se positionnait à son entrée. "Oh…"
"Ça va être bon," dit Tom, prenant apparemment cette décision à l'instant. Oui, ça allait être bon. C'était déjà génial pour Bill. "Ouvre toi pour moi."
"Mets la à l'intérieur," fit Bill plaintivement. "Je ne peux plus attendre."
Tom agrippa les genoux de Bill et les tint, se penchant pour l'embrasser derrière l'un d'eux. Bill soupira et décontracta son dos, se préparant. Tom s'enfonça délicatement en Bill, et ça faisait mal. Bill fit une grimace et cria, mais ne dit pas une seule fois d'arrêter. Il ne l'avait jamais fait.
"J'irai doucement," murmura Tom.
Bill laissa échapper un souffle tremblant et se concentra pour s'ouvrir pour Tom. Il le laissa entrer un peu plus, mais ce n'était rien comparé à ce qu'ils faisaient avant.
"Putain," dit Tom. "C'est dur."
"Il le faut," dit Bill. "Quand je t'ai baisé, ce n'était pas si dur."
Tom rougit très visiblement aux paroles de Bill et s'éclaircit la gorge. "Ouais, heu."
Bill sourit et toucha un bout des cheveux de Tom. "On la fera entrer, ne t'inquiète pas."
"Je ne veux pas te faire mal," dit Tom. "Ouvre toi, ça ira." Tom caressa les cuisses de Bill et se pencha en avant, l'écrasant un peu. Il fit se rencontrer leurs lèvres et embrassa Bill avec plus de douceur et de retenue que Bill ne l'en pensait capable.
Bill laissa échapper un long souffle et Tom glissa facilement à l'intérieur jusqu'à la garde. "Oh, tu es dedans," soupira Bill. "Ne bouge pas, Tomi."
Ils restèrent allongés ensemble, connectés et tremblants, les yeux ancrés dans ceux de l'autre. "Quand est-ce que je peux…?" demanda finalement Tom. "C'est si bon, je ne peux plus attendre beaucoup plus longtemps."
"Tu peux, sois juste doux au début," dit Bill. Il leva une main et caressa la joue de Tom. Tom hocha la tête et très lentement se retira avant de se renfoncer en Bill. Ils gémirent tous les deux. "Juste comme ça."
"Comme ça?" Tom pivota ses hanches et le pénétra délicatement, frottant contre la prostate de Bill. Tom savait toujours parfaitement comment s'y prendre avec Bill.
"Oui, ohhh," gémit Bill. "Encore."
"Ouais," grogna doucement Tom, appuyant sur le ventre de Bill. Bill fondit et s'ouvrit encore plus, se détendant, mais s'excitant aussi. Tom glissait à l'intérieur et à l'extérieur de lui avec attention, jusqu'à ce que ses mouvements deviennent plus familiers et faciles. Bientôt, ce n'était plus du tout attentionné.
Bill bougeait de haut en bas, perdant son souffle à chaque fois que Tom le pénétrait. Le matelas était secoué et ils tremblaient au-dessus de lui, Bill maintenant Tom vers le haut et Tom maintenant Bill sous lui. Bill fit signe à Tom de l'embrasser à nouveau et il se pencha en avant pendant une pénétration, restant à l'intérieur de Bill longtemps et avec force alors qu'il l'embrassait intimement. Quand ils se séparèrent et que Tom glissa à nouveau en dehors de lui, Bill cria et vit des étoiles.
"Touche moi," gémit Bill, sentant ses oreilles chauffer. "Touche la, Tomi, j'ai besoin de te sentir partout."
"D'accord," répondit Tom d'un ton égal. Il enroula une main autour du sexe de Bill et serra, pompant au même rythme que ses mouvements. La respiration de Bill devint irrégulière et il ne pouvait plus réfléchir avec cohérence. Ce n'était pas une option et il n'avait pas à s'inquiéter. Tom prenait parfaitement soin de lui.
Il sentit Tom trembler contre ses fesses et se sentit plus comblé que jamais. Il savait que Tom devait être très proche. Alors que Tom appuyait son pouce contre son gland, il sentit ce tiraillement familier dans son ventre. Ce tiraillement qui lui faisait savoir qu'il était prêt pour une autre explosion.
Tom amena sa main à sa bouche et se lécha la paume, puis il empoigna de nouveau le sexe de Bill. "Merde," articula Bill. Aucun son ne sortit.
"Putain, je," marmonna Tom de façon incohérente. Il s'enfonça une dernière fois en Bill et y resta, le visage grimaçant et les cuisses tremblante. Grâce à ses muscles qu'il contractait, Bill maintenait une prise serrée sur le sexe de Tom pour en récupérer tout le liquide.
"Oui, tout," murmura Bill en détendant ses muscles et en laissant Tom retomber sur lui.
"Tu… tu n'as pas joui," haleta Tom, son visage enfoui dans les cheveux de Bill. Bill tint Tom étroitement et remonta ses hanches, gémissant quand son sexe se frotta contre le ventre de Tom. Il ne manquait plus grand-chose…
Tom se retira de Bill et s'écarta, un sourire malicieux au visage. "Qu'est ce que tu—"
Le sourire de Tom s'élargit et il écarta brusquement les jambes de Bill. "J'ai dit que je le ferai." Il pencha la tête entre les jambes de Bill et lécha entre ses fesses. Bill cria sous le choc, c'était tellement sensible là où Tom le touchait.
Puis la langue de Tom s'enfonça en lui et Bill ne pouvait même pas crier, c'était si bon. Tom le nettoyait en le léchant, cette pensée lui faisait fondre le cerveau.
"On mon Dieu, oh mon Dieu!" cria-t-il.
Tom avait toujours la main sur le sexe de Bill et il le caressait, le serrant et le relâchant alternativement, faisant rouler ses jointures de haut en bas. Bill ne se plaignait pas, tout ça était tellement bon qu'il ne pouvait même pas penser. Il allait jouir encore, si peu de temps après un si bon premier orgasme.
Tom enfonça entièrement son visage entre les fesses de Bill et courba sa langue, touchant à peine sa prostate ce qui le fit jouir puissamment. Il se répandit sur lui-même, dans la main de Tom qui la frotta tout le long de son ventre et de ses cuisses, puis il fit quelque chose de vraiment choquant. Il se redressa et lécha entièrement sa paume.
"Oh," souffla Bill, se redressant sur ses coudes, les cuisses toujours largement écartées. Tom léchait toujours sa main, puis il l'offrit à Bill. Bill ouvrit la bouche et suça fort les doigts de Tom, enroulant sa langue autour d'eux. L'expression sur le visage de Tom était vraiment délicieuse. Bill se pencha en avant et retira les doigts de sa bouche. "Je veux goûter."
Tom entrouvrit les lèvres et laissa Bill mettre sa langue sans sa bouche. Il lécha partout.
"Alors?" demanda Tom
"J'ai senti ton goût."
"Bien." Tom repoussa Bill en arrière, le couvrant de son corps. "Bill."
Bill enroula ses jambes et ses bras autour de son frère. "Hmm?"
"Je t'aime et j'en ai rien à foutre de ce que les autres pensent. Ça ne m'a jamais semblé mal."
Bill aurait pu crier de joie. Au lieu de ça, il déposa des baisers tout le long de l'épaule et du cou de Tom. "Je t'aime," dit-il finalement en embrassant son menton. "Ça peut être notre secret, pour toujours."
Tom pencha la tête et embrassa Bill. "Ça sera dur."
"Tout ce qu'on veut vraiment est dur à obtenir, Tom," dit Bill. "Regarde où on en est arrivés. Et avec quelles probabilités? Moi je dis que nos probabilités sont plutôt bonnes."
"Je dis que les probabilités aillent se faire foutre et qu'on fait ce qu'on veut." Ils se sourirent. "Ce sentiment en moi… Je ne pense pas qu'il puisse partir un jour. Tu es ma famille. Je ne pourrai jamais cesser de t'aimer."
Bill se sentait au bord des larmes tout d'un coup, mais il les retint. Il ne voulait pas que ce moment soit triste parce que vraiment, il était plutôt heureux. Tellement heureux. "Maintenant les choses seront plus faciles entre nous… mais plus dur avec tous les autres," dit Bill. "On devra faire attention. Ce n'est pas comme à la maison où Maman n'est jamais dans les parages… des gens nous observent."
"Je sais ça," dit Tom en tapotant le nez de Bill avec un doigt. "On fera super attention."
Bill hocha la tête, respirant l'odeur de Tom.
"On fait la chanson?" demanda Tom après quelques instants. "Elle est vraiment bien, Bill. Je pense qu'on devrait la faire."
"C'est un peu mélo," dit Bill en fronçant le nez. "Tu as raison, ce n'est pas une chanson qui parle de frères."
"Ouais, ça parle de nous." Tom tendit la main et attrapa sa guitare, la plaçant sur ses cuisses nues. "Tom et Bill viennent juste de baiser, une épopée musicale à propos… de quelque chose que personne ne comprendra vraiment."
"Et quand les gens poseront des question, je serai juste honnête," dit Bill doucement.
"Laisse de côté la partie où je te baise."
"Hmm," dit Bill. "Dommage."
Tom joua un accord sur sa guitare et leva les sourcils. "Est-ce qu'on la fait ou quoi?"
Bill s'approcha de Tom, s'agenouillant et appréciant le fait qu'ils soient parfaitement nus. "Ouais, on la fait, Tomi."
Tom grogna. "C'est ce qu'il y a de pire."
"Je sais."
Ils se sourirent
"On commence."
"Tu mènes."
Bill commença à chantonner et Tom s'accorda parfaitement aux notes. "En moi, ça commence à être froid…"
Tom rit. "Je croyais que celle là n'était pas obscène?"
Bill frappa Tom à l'épaule. "Oh, bordel, Tom!"
"Hey, c'est toi qui l'as écrite, pas moi."
Ils firent un grand sourire.
"Chante encore."
"Joue encore."
"Toi."
"Toi!"
Ils se lancèrent un regard noir, sans être sérieux.
"Tomi."
"Billy."
La guitare tomba, leurs lèvres se rencontrèrent et ils firent de la musique ensemble.
FIN